02 mai 2007

En attendant le débat, debriefing des Meetings

Avant le débat de ce soir, pour choisir entre les deux candidats dans une campagne où le programme est secondaire, les deux meetings parallèles Bercy/Charléty éclairent l'électeur indécis. Les sondages le montrent et les stratèges de l'UMP l'ont compris : le peuple est avec lui. Les Sarkos boyz ont fait un travail époustouflant dans l'organisation du meeting pour arriver à faire venir des idoles des 30% de français qui constituent l'audimat TF1 comme Jean-Marie Bigard et à Véronique Genest (Arthur était dans le public aussi).

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En face: Benabar, instigateur du mouvement bobo en France; Cali, l'idole des 12-14 ans (qui ne votent pas, même si on pourrait soupçonner Jack Lang de le souhaiter); Disiz la peste et Joey Starr, que Ségo juge sans doute moins agités que Sarko; Grand Corps Malade, le poulain du mafieux de la création artistique Valéry Zeitoun; ou encore le très à gauche chanteur de Dionysos, dont la compagne Olivia Ruiz est l'égérie de Coca Light.

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Il fallait bien ça pour contrer Sarko sur ses attaques gratuites contre Mai 68 (je ne suis pas sûr qu'il ait gagné beaucoup de voix sur ce coup). Mais encore une fois, la gauche est tombée dans le panneau. Sarko est devant dans tous les sondages depuis des mois et il fait la course en tête parce qu'il impose ses thèmes et les polémiques qui vont avec. Doc Gyneco n'est pas Malraux en effet, mais Ségo n'est pas Dany le rouge. L'interdit d'interdire est une notion difficilement assimilable pour une personnalité qui a construit sa carrière politique avec des campagnes contre les mangas ou le string à l'école. La droite lui a encore mis des bourdes dans la bouche: elle s'est une nouvelle fois "perchée" sur l'escabeau de la cause des femmes pour assimiler Sarko à un dictateur machiste. Dommage, la pilulle, c'était en 67, et l'IVG an 75 avec Simone Veil, soutien de son ennemi. Or, les bourdes, c'est la gazoil de l'électorat populaire, qui juge sur les compétences.

Etonnante opposition de style dans les discours de ces deux meetings aussi. Les candidats se sont caricaturés. Sarko s'est montré plus violent que jamais, vocabulaire à l'appui (liquider,...); Ségo a levé 3 fois les yeux vers son public, absorbée par ses fiches (Lilianne Thuram?). Hier soir, Public Sénat diffusait "Entre les mots", une très belle analyse de la communication des candidats. Pour Ségo, il paraît que son auditoire passe en mode d'écoute "musicale": il décroche de l'écoute "mot-à-mot" rapidement sous le flot monotone des paroles. A Charléty, elle s'est pris quelques vents sur certaines fins de phrases qui devaient susciter l'enthousiasme. Le public était ailleurs. En revanche, il réagissait au quart de tour quand elle taclait Sarko. Les électeurs de Ségo sont avant tout de grands supporters du TSS (56% votent contre Sarko avant de voter pour Ségo selon le Figaro).

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En attendant le débat, l'électeur hésitant entre TSS et vote-insulte à la rive gauche peut:

- se satisfaire que Bayrou ait dégagé du paysage.

- aller se faire peur sur le Monde.fr en allant voir les éventuels ministrables des deux candidats, qui en dit long sur le changement qu'on nous promet des deux côtés:

http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-823448,32-902131,0.html

Oui, il y a pire que Sarko président: Montebourg, le seul homme politique plus menteur que Jack Lang et plus hautain que Villepin peut devenir premier ministre.

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Posté par lecomtedelieura à 21:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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