09 mai 2007

Les débuts de Sarkozy: prise de pouvoir ou post-campagne?

Présidentielles : Saison 2

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ça commence mal...Depuis dimanche à 20H, les protagonistes du feuilleton-réalité qui tient le monde en haleine depuis plusieurs mois font l'inverse de ce qu'ils ont dit pendant la saison 1.

Sarkozy débute son règne par un dîner de la  victoire au Fouquet's. Il s'envole ensuite pour effectuer une croisière à 200.000 Euros à Malte après avoir communiquer abondamment sur son besoin « ascétique » de prendre de la distance et prendre conscience de la « gravité de la fonction ».

François Hollande rappelle qu'il n'aime pas les riches en condamnant ces vacances de milliardaire. La gauche, trop divisée, n'a toujours pas trouvé quelqu'un pour lui expliquer qu'avoir de l'argent ne constituait pas un délit aux yeux de la loi française. D'autant plus que ces vacances ne sont pas financées par l'Etat. Sarkozy gagne assez bien sa vie, notamment grâce aux droits d'auteurs de son livre, comme le font une bonne partie des hommes politiques majeurs, de droite comme de gauche.

En revanche, les contradictions entre les discours d'un Sarkozy proche du peuple, se faisant élire en invoquant les forces ouvrières de Blum et de Jaurès et en fixant comme priorité la fin de la République des officines, contrastent avec ces trois premiers jours post-élections.

Vive la République, Vive la France et Vive la Bretagne

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Le restaurant des Champs-Elysées appartient au groupe Lucien Barrière, dont les intérêts sont liés aux pouvoirs publics.  Ensuite, l'industriel et accessoirement l'homme montant des médias Vincent Bolloré (baptisé « le boucanier avec du flair » par le Financial Times) lui prête son yacht. Les deux hommes ont tout intérêt à se rapprocher.

Sarkozy, inventeur de la communication avant l'action plutôt que sur les résultats doit pouvoir alimenter le robinet médiatique (et son plan média est plus quantitatif que qualitatif). Bolloré, le « petit prince du cash », le « perceur de coffre », ou encore « il scalatore » quant à lui compte investir 10% de ses actifs dans les médias, soit 500 Millions d'Euros (selon imedias.biz).

Si tous les investissements se portent sur des projets dont le modèle serait Direct Soir, on peut s'inquiéter  de la superficialité de l'information que l'on trouvera dans un genre de presse écrite qui aura contribuée à la mort du journalisme, en infantilisant le rapport à l'information plutôt que de chercher la confrontation intellectuelle.

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Le breton a tenu a rassuré son monde en affirmant ce matin n'avoir aucune activité avec l'Etat, mails il suffit de consulter son site Internet pour s'apercevoir du contraire:

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A agrandir

PS : toujours plus gauche

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Encore une fois, la gauche tape à côté. Ce sourire tout à fait déplacé de Ségolène Royal dimanche confirmait ce qui inquiétait les éléphants du PS: Pour elle, être candidate suffisait largement. Elle a perdue de 6 points pourtant, face à un des hommes politiques les plus haïs de la cinquième République.

Désormais, laisser le pouvoir dans les mains d'un candidat qui met les valeurs boursières au dessus des valeurs humaines et qui se place dans « l'immoralité politique » n'est finalement pas si grave, tant qu'elle peut passer encore un peu à la télé. Elle pourrait même garder le contrôle du parti en l'emportant au jeu de la couverture médiatique. DSK et Fabius partent de trop loin et la scission du PS semble inéluctable ; le sourire de façade de Ségolène devrait faire école.

L'Histoire retiendra que Nicolas Sarkozy, au-delà de tout ce qu'on peut lui reprocher depuis des années, aura réussit l'exploit de mettre fin à la montée du Front National, de diviser le centre et la gauche en une seule élection, alors que les derniers restes de l'extrême gauche sont jetés aux poubelles de l'Histoire. There can be only one. Les têtes ont roulées. Les autres partis peuvent condamner la « violence » de l'UMP : ils en sont les premières victimes.

L'extrême-n'importe quoi

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Plus important : la question majeure de ces 3 premiers jours post-6 mai reste en suspend. Que veulent les manifestants d'extrême-gauche à la Bastille ? Qui peut citer une seule de leur revendication ?

Ces mêmes professionnels de la contestation voulaient le retrait du CPE, même si cette mesure ne les concernait pas puisque ces groupuscules ne sont pas liés au secteur privé. Au moins ils avaient un but. Contre le Traité Constitutionnelle européen, ils ne comprenaient pas contre quoi ils manifestaient, mais ils avaient des bâtons à mettre dans les roues d'un Chirac vieillissant.

Ils sont en partie responsables de la défaite de la gauche cette année, puisqu'ils ont volontairement fragmenté les mouvances de la gauche pour récupérer idéologiquement plus de temps de parole (4 candidats antilibéraux pour squatter 1/3 du temps de parole CSA). A l'époque du CPE, ils avaient aussi dégoûté une partie de l'électorat traditionnel de gauche en stigmatisant certaines voix s'élevant contre la poursuite de la grève après une durée inacceptable (pas loind de deux mois alors que l'affaire était close) ou en remettant en cause le résultat d'AG truquées. Traiter ceux qui ne pensaient pas comme eux de « fascistes » ne leur posait aucun problème de conscience.

Maintenant, les groupes antisarko, dont la moyenne d'âge trahit l'immaturité politique, en allant au bout de leur logique, ne se satisferont que d'une démission de nouveau président, c'est-à-dire une remise en cause des 53% d'électeurs de droite et du fonctionnement même de la démocratie, qui reste toujours depuis Churchill le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres.

A moins d'une démobilisation sous le coup de la lassitude (heureusement le scenario le plus probable), la seule issue possible pour que ces manifs cessent est un renversement de la démocratie, un putsch qui ne peut s'effectuer que dans la révolte et le sang, appuyée par une escouade de casseurs : l'écart ne permet même pas d'appeler à un recompte. Après on nous dit que c'est Sarko le violent...

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Pendant ce temps là, Buffet et Hollande ont appelé au calme...

Posté par lecomtedelieura à 21:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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